Wednesday, April 6, 2016

Au moins 17 personnes ont été tuées dans les affrontements de lundi à Brazzaville, deux semaines après la réélection contestée du président congolais Denis Sassou-Nguesso, ont annoncé mardi les autorités du Congo-Brazzaville.

Le gouvernement de Sassou nguesso a affirmé hier 5 avril que les troubles ayant poussé la veille des milliers d'habitants à fuir les quartiers sud de Brazzaville avaient fait 17 morts. Brazzaville pointe du doig ancien chef de milice, Frédéric Bintsamou, d'être personnellement impliqué dans ces violences. Allié politique de cet ancien rebelle, Guy-Brice Parfait Kolélas, candidat malheureux à la présidentielle du 20 mars contre le président Denis Sassou Nguesso, a déclaré qu'il ne se satisfaisait pas de ces explications. Il a réclamé une enquête indépendante. Selon Thierry Moungalla, porte-parole du gouvernement congolais, 17 personnes dont 3 agents des forces de l'ordre, 2 civils et 12 assaillants, ont été tuées lundi. Celui-ci a qualifié les violences d'attaque terroriste". Thierry Moungalla avait accusé lundi des ex-miliciens "Ninjas Nsiloulou" d'être à l'origine des tirs d'armes automatiques et détonations ayant réveillé les riverains de cette zone dans la nuit de dimanche à lundi. Il a renforcé ces accusations en affirmant que le gouvernement disposait de "preuves accablantes" de "l'implication active de [Frédéric] Bintsamou". Brazzaville accuse la milice Ninja La milice Ninja Nsiloulou, aujourd'hui dissoute, a combattu le pouvoir de Sassou Nguesso pendant la guerre civile dite du "Pool" (1998-2003). Son chef, Frédéric Bintsamou, a fini par se rallier à Sassou Nguesso avant de rejoindre récemment l'équipe de campagne de Guy-Brice Parfait Kolélas. Frédéric Bintsamou dispose d'une garde rapprochée, équipée d'armes automatiques et de mitrailleuses lourdes, et constituée pour bonne part d'ancien Ninjas. Au Congo, le nom des Ninjas évoque aussi celui des milices de Bernard Kolélas, le père de Guy-Brice Parfait Kolélas, qui ont combattu les Cobras de Sassou Nguesso pendant la guerre civile de 1997. Face aux accusations du gouvernement, Guy-Brice Parfait Kolélas - ancien ministre de Sassou Nguesso - a déclaré mercredi vouloir "qu'une enquête soit menée en toute impartialité" sur les troubles survenus lundi dans des quartiers ayant voté massivement pour lui le 20 mars. Guy-Brice Parfait Kolélas dénonce une "mascarade" Jugeant que le gouvernement allait "vite en besogne pour désigner les coupables", le candidat malheureux a qualifié de "mascarade" la version officielle présentant les événements de lundi comme une attaque concertée contre plusieurs bâtiments officiels. "Ma crainte c'est qu'on retombe dans ce que le Congo a connu de pire : les faux coups d'État". "J'attends qu'on m'apporte la preuve [...] de ce qui s'est passé", a-t-il ajouté, jugeant "bizarre" la coïncidence entre ces attaques présumées et "la proclamation des résultats définitifs" de la présidentielle par la Cour constitutionnelle lundi soir. La Cour constitutionnelle a confirmé lundi la victoire de Denis Sassou Nguesso dès le premier tour de l’élection présidentielle avec plus de 60 %. Guy-Brice Parfait Kolélas s'est étonné que cette instance ait rejeté son recours au motif qu'il n'aurait pas été déposé dans les temps, c'est-à-dire cinq jours après la proclamation des résultats officiels. "Nous étions dans les délais", a-t-il affirmé, mais la Cour a compté "le dimanche et le lundi [de Pâques] fériés comme des jours ouvrés", affirme-t-il. "C'est n'importe quoi." Après la proclamation des résultats provisoires de la présidentielle par le gouvernement, le 24 mars, Kolélas et quatre candidats d'opposition unis par une alliance électorale contre Sassou Nguesso avaient crié à la fraude et appelé la population à les rejeter par des voies légales et pacifiques.

Tuesday, April 5, 2016

CHAMPIONNAT MONDIAL DE HOCKEY FÉMININ Le Canada s’incline face aux États-Unis

Kamloops, C.-B. — Alex Carpenter a marqué le but de la victoire pour permettre aux États-Unis de battre le Canada 1-0 en prolongation et de décrocher la médaille d’or au Championnat mondial de hockey féminin, lundi. Carpenter a saisi une rondelle libre sur la ligne des buts pour donner la victoire aux siennes et a jeté une douche froide sur la foule du Sandman Centre de Kamloops, en Colombie-Britannique. Les Canadiennes venaient tout juste d’écouler une infériorité numérique après avoir raté deux chances avec l’avantage d’une patineuse. Les deux gardiennes ont offert d’excellentes prestations et il aura fallu un rebond chanceux pour venir à bout d’Emerance Maschmeyer, qui a récolté le titre de joueuse du match et de meilleure gardienne du tournoi. La foule a salué ses efforts en lui offrant une longue ovation. La gardienne américaine Alex Rigsby a réalisé 33 arrêts pour signer le jeu blanc tandis que Mashmeyer a repoussé 34 des 35 tirs dirigés vers elle. Les Américaines ont gagné les trois derniers championnats du monde et sept des neuf derniers. Les États-Unis et le Canada ont croisé le fer 17 fois en autant de championnats mondiaux. Le bronze aux Russes Plus tôt, Olga Sosina et Anna Shukina ont marqué en tirs de barrage pour procurer à la Russie une victoire de 1-0 face à la Finlande lors du match pour l’obtention de la médaille de bronze. La gardienne russe Nadezhda Morozova a repoussé 32 lancers. Elle a frustré Minttu Tuominen en sortant le bâton avant que Sari Karna frappe le poteau devant une foule de 2351 personnes au Sandman Centre. La Finlandaise Meeri Raisanen a repoussé 22 lancers en 70 minutes de jeu et a réalisé l’arrêt aux dépens de Yelena Dergachyova en fusillade. Shukina a cependant marqué sur la première tentative des siennes tandis que Sosina a scellé l’issue de la rencontre. La Russie avait aussi décroché le bronze en 2001 et en 2013.

Difficultés de la Biac: Jean-Lucien Busa interpelle la Banque centrale du Congo

Le député national Jean-Lucien Busa a déposé, lundi 4 avril au bureau de l’Assemblée nationale, une question orale avec débat à l’endroit de la Banque centrale du Congo (BCC). L’initiateur voudrait avoir plus d’éclairages sur la situation qui secoue la Banque internationale pour l’Afrique au Congo (Biac). La Biac connait un problème de liquidité depuis quelques jours. Des clients affluent dans les différents guichets et distributeurs automatiques des billets à Kinshasa pour retirer leurs épargnes mais ils ne sont pas servis. Cette situation a poussé le conseil d’administration de la Banque à limoger l’ancien directeur général Michel Losembe. Il a été remplacé par Anne Mbuguje, « avec une feuille de route précise et des objectifs immédiats». Pour Jean-Lucien Busa, la BCC est responsable de cette situation : « La Banque centrale doit nous expliquer comment on en est arrivé là. Est-ce que l’indépendance de la banque centrale dans la conception et la mise en œuvre de la politique monétaire est-elle encore respectée » ? Jean-Lucien Busa qui incrimine la BCC note que celle-ci, « entant que banque des banques n’a pas joué son rôle pour réguler le système financier congolais ». «La première faute est que la Banque centrale a rompu sa ligne de financement en faveur de la banque de façon brutale. La BCC a puisé, dans le compte de la Biac, selon nos informations, 30 millions USD pour financer les dépenses gouvernementales, en termes de prêt », ajoute le député Busa. Il indique que la Biac compte 400 000 déposants et 450 millions USD de dépôt. «Ce qui arrive à la Biac concerne des millions de Congolais, les employés de la Biac, les entrepreneurs, y compris leurs employés », poursuit Jean-Lucien Busa. Entre-temps, tous les guichets de la Biac sont fermés à Kinshasa conformément au communiqué de la Banque centrale du Congo. Plusieurs personnes qui se sont rendues dans leurs agences n’ont pas pu y accéder. L’objectif, d’après la Banque centrale, est de préparer un retour au fonctionnement normal de cette institution financière.

Monday, April 4, 2016

'RDC: 4 villages de Lubero se vident suite aux menaces des FDLR

'RDC: 4 villages de Lubero se vident suite aux menaces des FDLR Les populations de Kasiki, Miriki, Buleusa et Luofu, en territoire de Lubero (Nord-Kivu), abandonnent leurs habitations, depuis dimanche 3 avril, pour fuir les menaces des FDLR dans la contrée. Pris de panique, ces habitants accusent ces rebelles d'avoir jeté des tracts, annonçant le massacre de certains membres de communautés locales. La présence de huit officiers des FDLR, le 29 et 30 mars derniers, dans le camp des déplacés de Kyuto, renforce les craintes de ces habitants. Selon la société de Lubero, ces populations se ruent vers les localités de Kayna et Kirumba. Pour sa part, l’administrateur du territoire de Lubero, Bokele Joy, parle d’une intoxication et de fausses alertes pour paniquer la population: «Je pense que les gens doivent cesser d’intoxiquer l’opinion ; d’autant plus que dans la zone - que ce soit à Miriki, à Kyuto ou Luofu - il y a la présence de nos forces armées qui patrouillent chaque jour. Et même à Kyuto, où on a parlé de la présence des FDLR, il y a une position des FARDC.» Bokele Joy qualifie cette information de «fausses alertes», mais appelle toute fois les FARDC à être vigilantes dans la zone. De son côté, la société civile de Lubero dit prendre l’affaire au sérieux et regrette que les FDLR se déplacent librement dans le milieu, malgré la présence de l’armée nationale. Les rebelles rwandais sont accusés de commettre de diverses exactions contre les populations civiles dans le territoire de Lubero. En février dernier, quinze personnes étaient mortes et cinq autres blessées dans un accrochage entre les rebelles FDLR et les Maï-Maï du groupe NDC/Rénové de Guidon, à Mukeberwa, en territoire de Lubero (Nord-Kivu). Au mois de juillet 2015, le Bureau de coordination des affaires humanitaires (Ocha) avait recensé environ six mille quatre cents ménages déplacés à la suite des exactions des FDLR, en territoire de Lubero (Nord-Kivu).' Eclipse Canal Dx Virtuel RDC: 4 villages de Lubero se vident suite aux menaces des FDLR Les populations de Kasiki,...

Sunday, April 3, 2016

KATANGA IL N YA RIEN SOIT CALME ,QUE PERSONNE TROUBLE LA POPULATION.

Par Roger Kitemoko Mambwene Ada. Au Congo Rdc, Reste quelques mois pour la date prévue pour l'election présidentielle, la population de Lubumbashi s'inquiète de l'arrivée dans la ville riche miniere de plusieurs hommes de troupe accompagnés d'un armement lourd dont des chars d'assaut. L'affaire est relayée sur les réseaux sociaux d'autant que, selon l'opinion publique, la forte militarisation de l'ex-province du Katanga a commencé depuis mi-septembre 2015, au lendemain de l'exclusion des partis du G7 de la majorité présidentielle. Selon Lambert Mende Omalanga, c'est normal qu'un gouvernement équipe son armée et qu'il envoie des militaires se familiariser avec le nouvel armement. Il n'y a donc pas lieu de s'alarmer, estime le porte-parole du gouvernement qui dit ne pas comprendre pourquoi et comment du matériel de combat destiné à la défense du pays devrait susciter l'émoi au sein de la population. Car l'arrivée de plusieurs chars d'assaut à Lubumbashi - dix-huit de ces engins ont été aperçus à la gare ferroviaire de la ville- est diversement interprétée. Sur les réseaux sociaux, on parle d'une forte militarisation de l'ex-province du Katanga, particulièrement la nouvelle province du Haut-Katanga qui, peut-on lire sur Twitter, aurait reçu également près de 2000 militaires venus renforcer les effectifs déjà sur place . Il n'y a pas de conflit armé dans cette partie de la République, explique, pour sa part l'opposant Moise Katumbi, le désormais il n'y a aucun conflit armé dans cette zone.PLEBISCITE PAR LE G7 COMME SON CANDIDAT A LA PROCHAINE ELECTION PRESIDENTIELLE. Pour l'ancien gouverneur du Katanga, joint au téléphone depuis Bruxelles, l'ex-Katanga dans son ensemble est en paix. C'est plutôt vers l'est du pays que le matériel de guerre devrait être dirigé pour faire face à l'insécurité qui y règne. En tant que presse je conseil la population de resté toujours calme c'est normal qu'un gouvernement équipe son armée comme Lambert disait.

Thursday, August 6, 2015

À Hiroshima, le monde commémore le 70e anniversaire du premier bombardement nucléaire


LE JAPON
PAR ROGER KITEMOKO MAMBWENE.ADA.

06/08/2015

À Hiroshima, des représentants de 100 pays ont assisté aux côtés du Premier ministre japonais, Shinzo Abe, aux cérémonies du 70e anniversaire du premier bombardement nucléaire de l'Histoire, qui a fait 140 000 morts.

Le monde a marqué par une cérémonie à Hiroshima, jeudi 6 août, le 70e anniversaire du premier bombardement nucléaire de l'Histoire, qui conduisit à la capitulation du Japon et à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
À 08h15 (23h15 GMT, mercredi), une jeune femme et un écolier ont frappé une grande cloche d'une longue poutre de bois suspendue, immuable geste accompli à l'heure précise où un bombardier américain B-29 baptisé "Enola Gay", volant à haute altitude, largua une bombe à uranium et sema le feu et la mort sur cette grande ville japonaise.

Au son de la puissante cloche enveloppée du seul chant des cigales, omniprésent l'été au Japon, une foule de 55 000 personnes s'est recueillie dans le Parc mémorial de la paix de cette cité de 1,2 million d'habitants de l'ouest de l'archipel, devenue un symbole du pacifisme.
Dotée d'une force destructrice équivalente à 16 kilotonnes de TNT, la bombe avait porté la température à 4 000 degrés au sol, anéantissant tout alentour. On estime à 140 000 le nombre de morts, au moment de l'impact puis ultérieurement, sous l'effet de l'irradiation.
"Nous devons abolir le mal absolu"
"Pour coexister, nous devons abolir le mal absolu et le comble de l'inhumanité que représentent les armes nucléaires. Il est temps maintenant d'agir", a déclaré après la minute de silence le maire de la ville, Kazumi Matsui, avant de laisser la parole à de jeunes enfants.
Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, était là, entouré des représentants de 100 pays, le plus grand nombre jamais présent aux cérémonies de Hiroshima. Parmi eux, l'ambassadrice des États-Unis au Japon, Caroline Kennedy, et la sous-secrétaire américaine chargée du contrôle des armements Rose Gottemoeller, plus haut responsable américain jamais envoyé de Washington pour les commémorations annuelles.
"En tant que seul pays frappé par l'arme atomique [...] nous avons pour mission de créer un monde sans arme nucléaire, a déclaré Shinzo Abe à la foule. Nous avons la responsabilité de faire comprendre l'inhumanité des armes nucléaires, à travers les générations et les frontières." Le Premier ministre a précisé que son pays présenterait une nouvelle résolution destinée à abolir l'arme nucléaire à l'Assemblée générale de l'ONU cette année.
Depuis la Malaisie où il effectue une visite officielle, le secrétaire d'État américain, John Kerry, a estimé que ce 70e anniversaire soulignait l'importance de l'accord nucléaire conclu avec l'Iran le 14 juillet. "J'ai regardé la cérémonie. [...] Il va sans dire que c'est un très, très puissant rappel, non seulement des conséquences sur les gens et les pays
d'une guerre qui dure, mais cela souligne aussi l'importance de l'accord auquel nous sommes parvenus avec l'Iran pour réduire la possibilité d'armes nucléaires supplémentaires."
Pour le chef de la diplomatie américaine, ces commémorations soulignent également l'importance du travail des États-Unis et d'autres pays, notamment la Russie, pour réduire
le nombre d'armes nucléaire existantes.
Après Hiroshima, Nagasaki
Trois jours après Hiroshima, l'armée américaine avait largué une bombe au plutonium sur la ville portuaire de Nagasaki, tuant quelque 74 000 personnes. Ces deux bombes ont porté un coup final au Japon impérial, qui s'est rendu le 15 août 1945, marquant le terme de la Seconde Guerre mondiale.
Sept décennies plus tard, l'usage de l'arme atomique à la fin de la Seconde Guerre mondiale divise encore les opinions. Certains historiens estiment que celle-ci a épargné un bien plus grand nombre de victimes en évitant une attaque terrestre de l'archipel nippon, d'autres que le Japon était de toute façon proche de la défaite et que les deux bombes n'étaient pas nécessaires pour mettre fin au conflit.
Plus de la moitié des Américains considèrent que les attaques nucléaires sur Hiroshima et Nagasaki étaient justifiées, selon un sondage réalisé en février par l'institut de recherche américain Pew Research Center. Près de 80 % des Japonais interrogés par ce think tank pensent au contraire qu'elles étaient injustifiées.
Paul Tibbets, pilote de l'"Enola Gay", avait déclaré dans une interview en 2002, cinq ans avant sa mort : "Je sais que nous avons fait ce qu'il fallait". Washington, allié très proche de Tokyo depuis la guerre, n'a jamais exprimé d'excuses officielles pour ces bombardements.
Avec ECLIPSE MAGAZINE

Première publication : 06/08/2015

Saturday, August 1, 2015

Le Vaccin de la maladie d'Ebola est Retrouve' AUJOURD'HUI par le Canada

PAR ROGER KITEMOKO MAMBWENE ADA (MUSTAPHA)
ECLIPSE MAGAZINE ,TEL 00233 241343688
Une bonne dose d’espoir dans une épidémie qui s’étire. Le premier vaccin efficace contre Ebola est « à portée de main », a déclaré vendredi l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Le premier essai a démontré des résultats préliminaires très encourageants.
  Le vaccin VSV-ZEBOV, développé au Canada, a pu être testé sur le terrain en Guinée en un temps record — moins d’un an — alors qu’il faut généralement près de dix ans pour qu’un vaccin arrive à ce stade de développement, soulignent plusieurs spécialistes. Intitulé « Ebola ça suffit », l’essai, entamé le 23 mars dernier, a été réalisé grâce une coopération internationale impliquant l’OMS ainsi que des experts de Norvège, de France, de Suisse, des États-Unis, du Royaume-Uni et de Guinée.
  Joint en Guinée où il coordonne la mission de Médecins sans frontières (MSF), le Québécois Marc Forget accueille la nouvelle avec enthousiasme. « Nous sommes très contents des résultats de l’étude, à laquelle nous avons participé en vaccinant 1200 travailleurs de la santé de première ligne », a-t-il affirmé au Devoir en fin de journée. Au total, plus de 7000 personnes ayant eu des contacts avec des patients infectés ont reçu ce vaccin. Il a fonctionné dans 100 % des cas et entraîné peu d’effets secondaires.
  Margaret Chan, la directrice générale de l’OMS, y voit quant à elle une « avancée très prometteuse », qui changera certainement la donne. Frank Plummer, l’ancien directeur du Laboratoire national de microbiologie à Winnipeg où le vaccin a été mis au point, se réjouit de cette percée : « Pour le laboratoire et toute l’équipe impliquée, c’est le couronnement de 15 ans de travail. C’est extrêmement gratifiant. » La ministre fédérale de la Santé, Rona Ambrose, a quant à elle félicité le « travail accompli par les scientifiques de l’Agence de la santé publique du Canada qui a mené à la mise au point du vaccin ».
  Les essais cliniques fonctionnaient sur le principe de la vaccination « en ceinture ». L’hypothèse de base étant qu’en vaccinant les cercles de personnes en contact avec un sujet infecté, une « ceinture de protection » est ainsi créée, a indiqué le Norvégien John-Arne Røttingen, président du groupe de pilotage de l’étude.
  Les participants à l’étude étaient séparés en deux groupes : 4123 personnes tirées au sort ont reçu le vaccin immédiatement après avoir été en contact avec une personne infectée par le virus Ebola. Les autres 3528 ont reçu le vaccin 21 jours plus tard, pour pouvoir comparer la réponse immunitaire des deux catégories.
  Nombre de doses
  Toutes les personnes à risque sont dorénavant autorisées à recevoir le vaccin immédiatement, a précisé l’OMS, sans qu’une campagne de vaccination massive soit prévue. Le VSV-ZEBOV sera plutôt utilisé selon cette méthode de vaccination en ceinture dans les zones touchées, ainsi qu’administré aux travailleurs de première ligne.
  Le nombre de doses disponibles reste encore inconnu. Merck, la compagnie pharmaceutique responsable de développer et de commercialiser le vaccin s’est limitée à réitérer par voie de communiqué vendredi son engagement à « accélérer le développement, la production et, si homologué, la distribution du vaccin ».
  « C’est le nerf de la guerre, j’aimerais tellement savoir où en est la production », s’est exclamé Marc Forget au bout du fil dans la ville de Conakry. MSF souhaite pouvoir utiliser le vaccin le plus vite possible, en l’inoculant plus largement autour des personnes infectées, soit « aux contacts des contacts », comme l’a expliqué le coordonnateur pour la Guinée.
  Ce médecin québécois se garde toutefois de tout triomphalisme. « C’est comme si nous venions de recruter un joueur étoile très très prometteur dans notre équipe, mais tous les autres piliers doivent être réunis pour enrayer la maladie », illustre le médecin. Le vaccin sera donc un « un outil supplémentaire », en plus de la surveillance et des traitements améliorés.
  Après l’urgence d’installer et de coordonner les centres de traitement débordants, la situation exige maintenant de minutieuses enquêtes pour retracer les chaînes de transmission. Aussitôt qu’un cas d’Ebola est confirmé, il faut trouver toutes les personnes susceptibles d’avoir été contaminées, un véritable casse-tête dans certains cas.
  Il rapporte l’exemple d’un jeune étudiant en médecine, aujourd’hui décédé, entré en contact avec au moins une centaine de personnes. L’homme s’est déplacé dans la capitale guinéenne en taxi et en transport en commun, en plus de passer par plusieurs départements d’un hôpital avant d’être diagnostiqué et transféré au centre de traitement.
  Le spectre du retour à la case départ n’est jamais loin, mais « le piège se referme sur le virus, les dernières chaînes sont en train d’être “ encapsulées  », dit M. Forget. Ainsi, il a été possible de remonter le cours de la contamination dans 21 des 22 nouveaux cas confirmés en Guinée la semaine dernière. « Je me garde de crier victoire, car l’an dernier à pareille date l’optimisme régnait, avant que l’épidémie ne reprenne de plus belle », tempère-t-il systématiquement.
  Après 16 mois de lutte contre le virus meurtrier, « les Guinéens n’en peuvent plus d’Ebola », soupire-t-il. L’annonce des résultats vendredi constitue tout de même « une poussée supplémentaire pour voir la lumière au bout du tunnel », selon lui.

11 300 morts
  Il faut dire que les systèmes de santé ont été sérieusement désorganisés par l’épidémie dans la région. Au moins 500 professionnels de la santé en sont morts, selon les chiffres compilés par l’OMS. « Jusqu’à 10 % des victimes étaient des travailleurs de la santé. Dans des pays où les systèmes de santé étaient déjà hypothéqués, ces victimes représentent une grande partie du personnel médical qualifié », souligne M. Forget. Plusieurs personnes craindraient en outre de se rendre dans les hôpitaux pour soigner d’autres maladies, devenant des victimes collatérales de l’épidémie.
  La plus grave épidémie depuis l’identification du virus a fait à ce jour près de 28 000 cas recensés, et au moins de 11 300 morts en Afrique de l’Ouest, concentrés dans trois pays principaux : la Guinée, la Sierra Leone et le Liberia.